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Le yin et le yang

Le yin et le yang ont traversé les continents. Tout le monde les connait.

Mais derrière la simplicité de la représentation se cache un puissant modèle.

Un peu d'étymologie

Yin et yang émaillent nos conversations courantes. Si les termes nous sont familiers, leur signification n’est pas toujours si évidente. Tâchons donc d’éclairer leur sens en regardant de plus près les sinogrammes.

Les deux caractères utilisés pour yin et yang sont semblables dans leur structure : un flan de colline éclairé par la lune ou par le soleil . Donc un côté sombre et un autre lumineux.

Cette représentation descriptive est d’une élégante simplicité : elle décrit un phénomène que l’on peut facilement observer tous les jours quel que soit le lieu dans lequel on se trouve. C’est l’alternance du jour et de la nuit, de la lumière du matin et de l’ombre de l’après-midi, la face nord et la face sud d’une montagne, la chaleur et la lumière intense de l’été versus le froid humide et l’obscurité dominante de l’hiver.
 
Ces deux aspects sont à la fois naturels, et indissociables : il n’existe rien de vivant qui n’évolue pas ou jamais. Et ce qui est vrai dans le monde naturel ou manifesté, l’est également sur d’autres plans : c’est parce qu’on considère une chose qu’on la met en lumière. On laisse du coup de côté le reste, ce qu’on ne considère pas. Le yang est mis en avant et préempté, là où le yin est ignoré, laissé de côté.
 
Cette alternance de mouvement et d’immobilité donne naissance au ba gua.
Yin ( en écriture traditionnelle)
Yang ( en écriture traditionnelle)
Le tai ji

Le tai ji

Le symbole du 太極 tai ji est largement connu en occident. Depuis les années 60, il est devenu un symbole populaire de paix, d’énergie, d’unité, de spiritualité. On le retrouve estampillé sur des t-shirts et des mugs, affiché sur des banderoles, élément visuel de logo,  bref you name it diraient les anglophones.

Le tai ji (littéralement : faît suprême de l’univers) est un élément fondamental de la cosmologie chinoise. Il émane du wu ji qui est représenté par un cercle rouge dans la forme ancienne du tai ji.

Le wu ji est l’infini, au-delà du temps et de l’espace,  l’univers primordial dont tout procède et où tout retourne.

Si le wu ji est par nature indifférencié, le tai ji manifeste lui deux états : le yin et la yang, deux souffles primordiaux dont la mise en mouvement crée l’univers.

  • Le blanc est l’aspect dynamique, créatif, lumineux, le yang.
  • Le noir l’aspect réceptif, l’inscription de l’idée dans la matière, l’obscurité, le yin.

Le tai ji représente donc la totalité de l’univers dans ses dimensions créées et incréées. La différence de phase entre le yin et le yang permet le mouvement, la transformation, la création, le passage du principe à la matière.

La forme du tai ji met en avant la nature cyclique de notre univers : le mouvement sans fin et l’impermanence. Comme les saisons, les cycles de la lunaison, le yang croît et remplace progressivement le yin. Il atteint une apogée, puis c’est le yin qui se développe jusqu’à occuper presque tout l’espace.

taiji ancien
太極 Le tai ji, le faît suprême de l'univers (forme ancienne)
Tai ji
太極 Le tai ji, le faît suprême de l'univers (forme moderne)

La vie naît d'un flux

Tout ce qui naît, vit et meurt un jour.

Le temps est créé par la dualité yin-yang et le mouvement de flux que cette dualité induit mécaniquement.

Le mouvement ainsi créé entre ces deux types d’énergie permet à des objets, des êtres vivants ou des évènements de prendre corps et de dérouler le cycle complet qui les conduit de la naissance à la mort, de l’apparition à la disparition.

La cause et l'effet

30 rayons convergent au moyeu,
mais c'est le vide médian qui fait avancer le char.

Lao Zi

Yang désigne le monde visible, yin le monde caché. Yang est l’énergie du vivant : les êtres vivants, mais aussi tout ce qui constitue la matière. Mais si la roue n’était que matière, il n’y aurait pas de mouvement, tout serait figé. Yin est l’énergie qui sous tend notre monde concret.

Yin est la cause sous-jacente, yang sa matérialisation.

Connecter le ciel et la terre

Le toit pointu des pagodes met en relation le ciel et la terre.

Ces bâtiments religieux si omniprésents en Asie, rappellent constamment aux hommes que le haut et le bas, le ciel et la terre sont en constante interaction.

Bien souvent construits dans des endroits particuliers en feng shui, ils soutiennent subtilement cette interaction sur le plan énergétique.

 

Une pagode à Ninh binh
Ang Mua, Vietnam
La pagode Nachi San au Japon
Nachi San, Japon
Une pagode à Ubud
Ubud, Indonésie

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