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L’art des montagnes

Les sommets des montagnes sont un lieu de tranquillité, un espace privilégié pour s’arrêter et s’occuper de soi. C’est donc là que les ermites s’adonnent aux différentes composantes de l’art des montagnes en cultivant l’esprit et le corps, dans le but d’atteindre l’éveil des bouddhistes ou l’immortalité des taoïstes.

Voici un rapide tour d’horizon de cet art.

L’art des montagnes est en fait constitué de disciplines assez différentes dont le but commun est d’assurer la longévité afin de donner une chance à l’individu d’éveiller sa conscience.

L’étude de la pensée et de la philosophie de Lao Tseu, du bouddhisme

Le cœur de l’art des montagnes est donc l’étude de la pensée et de la philosophie de Lao Tseu et la mise en œuvre des pratiques méditatives du bouddhisme et du taoïsme.

Finalement, on peut considérer dans une certaine mesure que tous les autres arts ont pour objectif de rendre cette étude et la pratique de la méditation possible et souhaitée par l’individu, au principe que la seule chose qu’il emportera avec lui à la fin de sa vie est ce qu’il a fait pour son esprit.

La méditation 静坐 est littéralement l’art de rester assis tranquillement et en silence. Mais le fait que le corps demeure tranquille et silencieux ne veut pas dire qu’à l’intérieur il ne se passe rien. Il existe de nombreuses techniques de méditation. Par exemple, 炼丹 lian dan l’alchimie interne, est un procédé de transmutation qui fait référence à dan, le cinabre, autrement dit l’immortalité. L’énergie subtile circule dans le corps sous le contrôle du méditant et chaque passe unifiant le yin et le yang la purifie, jusqu’à engendrer le cinabre.

Ici, les pratiques martiales se transforment progressivement en mouvement de vie ou d’éveil purement intérieur. Les pratiques de santé et d’externalisation de l’énergie se transforment en exercices de longévité, voire d’immortalité 仙 xian. Notez comment le caractère désignant l’immortel ou le divin est composé d’une personne dans les montagnes .

Art des montagnes – méditer

La tonicité, la nutrition et les soins

Conserver un corps en bonne santé est donc important pour disposer du temps nécessaire à l’apprentissage et à la maîtrise des arts afin de devenir un immortel (vocabulaire taoïste) ou d’atteindre l’éveil (vocabulaire bouddhiste). Il est donc naturel de trouver dans l’art des montagnes tous les outils nécessaires à cet entretien du corps, véhicule de pratique et d’assurer sa longévité, une valeur extrêmement importante dans la culture chinoise.

La discipline la plus connue est le travail du souffle 气功 qi gong, également appelée 道引 dao yin, une pratique énergétique de santé issue du courant de pensée taoïste, mais il y a aussi la tonicité 补药 bu yao, la nutrition 饮食 yin shi et les soins 治疗 zhi liao.

Les exercices avec les poings

Plus volontaires comme techniques d’entretien du corps et de l’esprit, les exercices avec les poings 拳法 quan fa, sont organisés en deux groupes : les arts externes et les arts internes.

Arts externes

Les arts externes 外家 wai jia sont supposés être liés au bouddhisme et sont également connus sous l’appellation d’arts martiaux 武术 wu shu tels que le 功夫 kung-fu.

Ici, on apprend à maîtriser son corps à travers des exercices particulièrement physiques, proches du combat. Le qi se manifeste sous la forme du corps de l’autre. Il est préférable de jouer avec plutôt que contre.

Arts internes

Les arts internes 内家 nei jia sont supposés être liés au taoïsme. Ce sont le poing du grand faîte 太极拳 tai ji quan, le poing de l’unité de l’intention et de la forme 形意拳 xing yi qua et la paume des huit trigrammes 八卦掌 ba gua zhang.

Ici le qi est appréhendé de façon interne, principalement à travers la respiration et la relaxation.

Si on considère que dans toutes les approches de la spiritualité, il y a une partie externe qui prépare le corps, une partie interne qui prépare l’esprit et une partie secrète qui constitue la pratique spirituelle proprement dite, on peut voir les deux types d’exercices avec les poings comme la préparation physique et mentale à la quintessence de l’art des montagnes qu’est la méditation.

Les talismans

Les talismans (fu, ) font partie d’une très longue tradition taoïste et le premier maître céleste Zhang Daoling (en 140 environ) en institua la pratique ritualisée dans la lignée zheng yi.

Les talismans sont une pétition envoyée au ciel pour communiquer avec la bureaucratie céleste et les dieux, leur demandant d’intervenir pour régler tel ou tel problème. Dans la forme, c’est très souvent une suite de caractères tracés à l’encre noire ou rouge sur un support qui, aujourd’hui, est souvent une feuille de papier rectangulaire jaune ou rouge.

Les talismans sont codifiés (il existe des recueils de talismans qui sont remis au praticien lors de son initiation) et ils ont une fonction particulière : certains soutiennent la prospérité, nettoient le champ énergétique d’une personne suite à un traumatisme, pallient un problème de bazi, renforcent la protection des miroirs convexes, d’autres favorisent les relations, soulagent les problèmes de santé, aident à l’harmonie familiale, favorisent une grossesse ou son bon développement …

Le talisman peut être activé de différentes manières suivant les situations : il peut être brûlé, enterré, dissout dans l’eau, absorbé.

La création d’un talisman et son activation suivent un processus particulier destiné à lui donner toute la puissance énergétique nécessaire. La forme en elle-même n’est pas puissante, c’est le travail effectué avant et pendant la création du talisman, ainsi que l’habileté et la force du praticien qui lui donnent sa force énergétique.

 

Talisman Tu Di Gong
Talisman de prospérité - Tudigong

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