Master Yap Cheng Hai

Maître de feng shui, de wu shu et de qi gong

« Être heureux, c’est tellement simple : ne comparez pas, n’admirez pas, n’enviez pas. Souvenez-vous de partager … ne rien donner, c’est ne rien avoir ».

Grand maître Yap Cheng Hai : Modernité et tradition

Le père de Maître Yap Cheng Hai était un homme aux talents particuliers : il pratiquait la magie taoïste. Difficile d’imaginer que cela n’a pas préparé son fils aux mystères de la métaphysique chinoise et des arts énergétiques traditionnels. Paumes de la main, feng shui (yin et yang), qi gong, wu shu, taoïsme et bouddhisme l’ont attiré très tôt.

Père de famille et homme d’affaires aux accomplissements divers, Maître Yap Cheng Hai a étudié le feng shui auprès de différents maîtres et n’a jamais cessé de chercher et d’approfondir. S’il a d’abord réservé ses compétences à ses proches, son nom s’est rapidement répandu et il a acquis au fil des années une large clientèle internationale. Il est notamment connu du grand public pour avoir été pendant de longues années le mentor de Lilian Too, un auteur à grand succès.

Très attaché à la tradition, il a souhaité que les occidentaux puissent découvrir le feng shui traditionnel, un feng shui technique et complexe. Il était important pour lui que l’ouest sache que le feng shui était largement plus riche que ce que l’on pouvait en découvrir dans les livres élégamment illustrés et largement diffusés dans nos librairies. A l’âge où l’on prend généralement sa retraite, il s’est donc mis à parcourir le monde pour animer un grand nombre de formations pendant plus de quinze ans. Son style d’enseignement était un peu elliptique pour un public habitué à d’autres approches pédagogiques, mais c’était un enseignant plein de verve, qui connaissait son sujet, qui aimait partager et partageait d’autant plus volontiers que la curiosité de ses élèves était sincère.

Maître Yap Cheng Hai a été nommé Grand Maître par ses pairs lors de la conférence de Cologne en 2002.

Grand Maître Yap Cheng Hai a été notre premier enseignant et nous comptons parmi ses plus anciens élèves en France. C’est lui qui le premier a su éveiller notre intérêt et nourrir notre enthousiasme pour le feng shui traditionnel. Nous lui rendons ici hommage pour le savoir partagé, la bienveillance qu’il nous a manifestée pendant plusieurs années et ses encouragements à nos débuts.

Master Yap Cheng Hai et Joey
Maître Yap Cheng Hai et Joey Yap absorbés dans l'analyse d'un cas
Maître Yap Cheng Hai
Grand maître Yap Cheng Hai lors d'un dîner à la maison
Master Yap Cheng Hai et Eric Spirau
Maître Yap Cheng Hai et Eric Spirau en grande discussion sur le karma

Hommage à Grand maître Yap cheng Hai

Maître Yap Cheng Hai a été notre tout premier maître de feng shui. Dans les traditions bouddhistes tibétaines, on parle du lama racine pour désigner celui qui crée l’étincelle de départ, qui nous permet d’entrer sur la voie en nous la révélant dans une dimension qui nous touche et nous élève. Je pense souvent à lui en ces termes. Maître Yap Cheng Hai est décédé le 5 juin 2014.

Avec l’annonce de son départ, beaucoup de souvenirs remontent de moments partagés au cours des années 2000 quand nous suivions ses enseignements ou que je traduisais ses classes. D’une nature dynamique et gaie, il aimait partager son savoir mais aussi son expérience de la vie. Il ne couvrait ses excès d’aucun fard et invitait plutôt son interlocuteur à broder librement en contrepoint. Lucide, il ne craignait pas de se poser par moment en contre-exemple.

Maître Yap était un conteur hors pair et le premier souvenir qui nous est revenu c’est une histoire qu’il racontait parfois, mais avec toujours un peu de réticence. Dans les années 90, il avait été hospitalisé pour une intervention chirurgicale, à Singapour je crois. Une expérience dont il racontait en riant qu’elle ne lui avait pas coûté un bras mais le prix d’une maison.

Sur la table d’opération, il avait fait successivement trois arrêts cardiaques. Il racontait que chaque arrêt avait coïncidé avec une expérience extraordinaire. Au cours du premier arrêt cardiaque, il a franchi une sorte de ligne qui délimite la vie et la mort devant la déesse Kuanyin, le bodhisattva de la compassion. Regardant en arrière, il se sentit soulagé de quitter une vie de responsabilités, de joies mais aussi de désagréments. Toutefois  il lui restait aussi le sentiment de l’attachement à sa femme et à sa famille. Il revint donc à la vie.

Le poids d’une vie encore à vivre lui parut toutefois trop lourd : deuxième arrêt cardiaque et deuxième franchissement de la ligne qui sépare le monde des vivants de celui des morts. Et deuxième retour en arrière.

Puis troisième arrêt cardiaque : il réfléchit à tout ce qu’il n’avait pas encore fait, à l’enseignement du feng shui traditionnel qu’il voulait partager notamment avec les occidentaux. Là il décida de passer un deal avec Kuanyin : quelques années supplémentaires en échange de la promesse de diffuser son enseignement le plus largement possible. Ils étaient ensemble convenus d’un délai dont il n’a jamais rien dit.

Maître Yap Cheng Hai avait une connexion étroite avec le bouddhisme tibétain. Quand je traduisais pour lui, nous papotions pendant les pauses. Nous avons un jour découvert que nous avions des maîtres communs dans la lignée Nyingmapa, en particulier le maître dzogchen Orgyen Tulku Rinpoche avec lequel il avait pris refuge. Et nous étions tous les deux liés à la lignée de Mindrolling Trichen Rinpoche. Par quel hasard improbable nous trouvions-nous ainsi connectés ?

L’expérience et le savoir de Maître Yap étaient formidables. Mais ce qui nous a tout autant marqués et ce qui est resté après toutes ces années c’est le souvenir d’un homme entier, qui ne craignait pas ses faiblesses et n’encourageait pas la crédulité de ses élèves.

Alors, suivant la formule rituelle : « Hommage au maître ».

Auteur : Nathalie Mourier

Master Yap lopan
Maître Yap consulte son lopan

N’admirez pas, ne comparez pas, n’enviez pas

Maître Yap Cheng Hai avait le sens de la formule. Il les aimait courtes et percutantes, comme elles doivent être pour marquer les esprits. L’un des secrets du bonheur de vivre nichait pour lui dans celle-ci : « N’admirez pas, ne comparez pas, n’enviez pas. » Avec le temps, j’ai souvent trouvé son commentaire très juste au point de le partager fréquemment avec mes proches, mes clients, mes élèves.

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