Sortie de l’hiver

Conférence 2015 – la sortie de l’hiver

Cette vidéo est consacrée à ce moment délicat de l’année où le yin prédomine entièrement mais où déjà on pressent la présence d’un retour du yang, tout ténu fut-il. Comment sort-on de la nuit et du grand froid de l’hiver pour retourner graduellement vers la chaleur et la puissance du yang ?

 

Pour sortir du yin de kun et échapper à l’inertie de son extrême réceptivité, il faut une impulsion yang très forte qui relance le mouvement. Dans le ciel antérieur, Kun se trouve en bas et le gua zhen lui succède. Le 1er trait de Zhen est yang mais il y a encore beaucoup de yin (2ème et 3ème traits), héritage non dissipé de Kun, car Zhen initie le mouvement mais ne l’achève pas. Dans les gua suivants (du bagua du ciel antérieur) [li2] et dui, le yin est progressivement chassé vers le ciel (le 3ème trait du gua), par l’apparition des traits yang qui gagnent en maturité.

Les arts taoïstes s’inscrivent dans le cadre d’une pensée de type analogique. Et on circule à volonté dans ce cadre de pensée pour comprendre comment le qi incarné par chaque gua représente les différents éléments du monde, ce que les classiques appellent les « dix mille choses ».

C’est donc vers la pensée analogique qu’il faut nous tourner pour comprendre certaines des caractéristiques liées au gua Zhen. Il représente la sortie de l’immobilité donc quelle partie du corps peut-il représenter par exemple ? Quand on marche, quelle est la première partie du corps que nous mobilisons ? Le pied. Plus largement, le bas de la jambe.  Par analogie donc, le gua 3 va donc représenter le bas de la jambe, en gros du genou jusqu’aux orteils. Pour la même raison, le gua 3 (Zhen) représente le mouvement brusque, une impulsion puissante destinée à nous arracher à l’immobilité, quelque chose de soudain et de vif.

Le gua 4 va suivre au-dessus mais pour d’autres raisons. 5, 6, 7… 6 représente la tête parce que le gua qian (6) est lié au ciel et donc à l’extrême yang et à la pensée créatrice, c’est-à-dire ce qui est juste avant que les choses ne se manifestent : Qian (6) décrète le monde, mais Kun (2) le réalise dans la matière. qian est l’idée du monde alors que kun est le monde créé.

Quand Zhen survient et qu’à l’horizon point le printemps tant espéré, le monde sort de sa nuit gelée. La sève se ramasse, prête à un nouveau surgissement qui se développera un peu plus tard dans les bourgeons de Xun et s’épanouira pleinement dans la chaleur de Li. On est alors passé du bagua du ciel antérieur au bagua du ciel postérieur, du temps à l’espace, de l’idée à la matière.

Et pour terminer sur une note gaie de Charles Trénet :

C'est le retour du printemps.
C'est le temps épatant
De ces folles hirondelles
Qui rappliquent du Brésil
Après six mois d'exil.
C'est la fleur qui s'ent'ouvre
Et l'amour qui pénètre.
C'est, en ouvrant ma fenêtre,
L'horizon plus champêtre
Que les jardins du Louvre.
"Bonjour Mam'zelle Laplante !"
- Bonjour, je suis bien contente !
C'est le printemps, chérie,
La saison de la vie.

Charles Trénet
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur google
Google+
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur pinterest
Pinterest

Laisser un commentaire